Qu’est-ce qui vous a plu dans l’aventure OdinO ?

Son originalité ! J’ai produit 56 spectacles dans ma vie, mais depuis quelques temps j’ai ralenti le rythme : je ne veux faire que ce qui m’amuse et si possible, ce qui n’existe pas ailleurs. OdinO, ce sont les plus grands tubes d’hier et d’aujourd’hui joués autrement, et après avoir écouté les spectateurs à la sortie des premières, je crois que nous avons visé juste.

Vous aviez une idée précise du résultat ?

Non, et c’est bien pour ça qu’il est important de travailler en équipe. Il y a une citation de Jules Renard qui me résume bien : « Je ne suis pas sûr d’avoir du goût, mais j’ai le dégoût très sûr. » Comme je sais dire ce dont je ne veux pas, au final, il reste ce que je voulais (rires).

Comment avez-vous rencontré ces artistes ?

On m’a présenté Mathieu Lamboley, qui est un jeune compositeur et arrangeur bourré de talent. Il a assuré la direction artistique et musicale d’OdinO. Ensuite, il fallait un chef d’orchestre qui ait une vraie présence scénique et qui soit assez polyvalent. Quand j’ai rencontré Sylvain Audinovski, il travaillait déjà sur cette ouverture du classique vers la pop à travers son Ensemble Bonsaï, un orchestre réduit qui part à la rencontre des gens. Il sait captiver son auditoire, il parle de la musique avec un langage accessible et c’est ce qui m’a plu.

C’est donc un spectacle populaire ?

Oui. Moi, ce qui m’intéresse, c’est de m’adresser au plus grand nombre. J’ai toujours fait dans le populaire, parce que j’aime ça. Ce n’est pas un gros mot. J’ai parfois produit des spectacles plus pointus, comme ceux du Mime Marceau ou de Maurice Béjart, mais j’ai toujours fait en sorte d’y mettre une touche « grand public », quelque chose qui décomplexe les gens. Et mine de rien, dans OdinO, on parvient à glisser du Schubert entre deux morceaux de pop.

Peut-on y aller en famille ?

Évidemment ! On touche trois générations : Piaf côtoie Daft Punk sans problème. Et surtout, c’est un spectacle plein d’humour. Les musiciens et le chef d’orchestre, qui en plus d’être talentueux
sont tous jeunes et beaux, s’amusent avec le public. Il y a des petits sketches, des surprises visuelles, de l’inattendu. Les gens rient, s’amusent à reconnaître les morceaux et se laissent porter par la musique. On a beau être dans une ensemble symphonique, l’ambiance est finalement très rock’n roll.